Airbus sur Elbe

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14 février 2017 par S. Martineau

C’est sur la rive sud de l’Elbe, en face de certains des quartiers les plus prisés de Hambourg, que se trouve le principal site allemand de l’avionneur. Le fleuve joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de cette immense usine.

Tout le monde ne va pas au travail en bateau. Encore moins dans l’aéronautique. C’est pourtant le cas pour 4.500 employés d’Airbus chaque jour. Venus principalement des quartiers de l’ouest et du centre de Hambourg, ils empruntent l’embarcadère de Teufelsbrück – le pont du diable – pour rejoindre le site de Finkenwerder en quelques minutes.

Ainsi sont produits les avions de la famille A320 (photo Sébastien Martineau)

Ainsi sont produits les avions de la famille A320 (photo Sébastien Martineau)

Airbus Hambourg, c’est environ 340 hectares, plusieurs lignes de bus pour assurer les déplacements sur le site, des employés de 66 nationalités différentes et une kyrielle d’entreprises partenaires dans les environs. À Hambourg, l’aéronautique a depuis longtemps supplanté l’activité traditionnelle qu’était la construction de bateaux.

Ironie de l’histoire, c’est le constructeur naval Blohm & Voss qui s’était installé le premier à cet endroit, dans les années 1930, pour notamment y construire des hydravions. Depuis, le site a toujours été dédié à l’aviation. Les entreprises se sont succédé : Messerschmidt-Bölkow-Blohm, puis DASA et enfin Airbus.

Comme un avion dans l’eau

L’usine de Hambourg est un véritable défi logistique. Car un avion de la famille A320, le best-seller de l’avionneur, est composé de pas moins de trois millions de pièces détachées. Pour le gros-porteur A380, il en faut même quatre millions. Des pièces détachées qui arrivent par la route, par avion – le site dispose de sa propre piste d’atterrissage – ou par le fleuve.

L’Elbe est notamment un passage obligé pour les éléments de fuselage de l’A380, dont le montage final a lieu en France, à Toulouse. Or ces pièces sont trop volumineuses pour l’avion transporteur Beluga qui assure les liaisons entre les différents sites d’Airbus. D’autres pièces sont envoyées par le fleuve vers la Chine ou les États-Unis, où se trouvent également des chaînes de montage du constructeur.

L'une des chaînes de montage de la famille A320 (photo Sébastien Martineau)

L’une des chaînes de montage de la famille A320 (photo Sébastien Martineau)

Si l’époque des hydravions est bien révolue, l’usine continue d’augmenter sa production. Elle devrait atteindre en 2017 presque un avion sorti d’usine par jour, principalement grâce au succès de la famille A320. Un bémol toutefois : le programme A380 peine toujours à s’imposer. Les commandes sont rares et au rythme de production actuel, dans quatre ans environ, tous les appareils commandés auront été livrés. Pour retarder cette échéance, Airbus a décidé en 2016 de réduire le rythme de production, en attendant des jours meilleurs.

Par Sébastien Martineau [article paru dans le numéro 116 de la revue ParisBerlin, actuellement en kiosques]

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