L’Allemagne au bord du gouffre : les facteurs ont disparu

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1 juillet 2015 par S. Martineau

Si on part du principe que ce qui fait une info, c’est (entre autres critères) la rareté de l’événement et sa proximité avec le lecteur/auditeur/téléspectateur, je ne comprends pas pourquoi la Grèce fait la Une des médias allemands depuis des jours (foi de Zeus, c’est tout le pays qui devrait prendre rendez-vous chez le psy… une obsession comme ça, ça se soigne).

D’une : ça fait plusieurs années qu’on nous promet la fin de la zone euro pour demain.

De deux : on a déjà vu des pays fermer temporairement les banques et empêcher les citoyens de délocaliser leurs économies à l’étranger. Par exemple l’Argentine.

De trois : les Grecs ne savent pas gérer leur argent. Tout le monde le sait de toute éternité. Tous les bons experts en endettement du café du coin vous le diront. On ne peut pas faire confiance à des gens qui passent autant de temps au soleil.

Non, la vraie info qui devrait faire la Une, c’est qu’il n’y a pas de distribution du courrier depuis plus de 3 semaines en Allemagne. Pour cause de grève. Et je ne serais pas surpris d’apprendre que ce drame grec est en fait un complot berlinois pour détourner l’attention de cette situation gravissime.

Pensez donc : je n’ai reçu du courrier que deux fois en trois semaines ! Et aucun paquet. Car DHL est aussi en grève (ou bien personne ne m’a rien envoyé… l’angoisse de l’incertitude).

Officiellement, le syndicat ver.di parle de 32.000 grévistes. Dans un scénario qui rappelle assez les conflits récents chez Air France ou Lufthansa, les employés dénoncent la volonté de l’entreprise de déplacer une partie de l’emploi vers des filiales où les salaires seraient plus faibles. Selon le bon principe « travaillez autant pour gagner moins ».

Die Post assure que 80% des lettres et paquets sont malgré tout livrés. La Berliner Zeitung en doute (ma boîte aux lettres aussi) et publie une photo envoyée par un employé du groupe, montrant les paquets s’accumulant.

Visiblement, l’entreprise a même dû, par endroits, louer des entrepôts ou des conteneurs pour stocker le courrier en attentant une issue à la crise.

Si j’étais un journaliste grec, je ferais un petit sujet pour le 20 Heures sur ce pays qui n’a même plus de service postal. Et qui ferme des bibliothèques et des piscines publiques (bon ok, le papier date de 2012, mais ça gène qui ?). Il pourrait rajouter des images d’une file d’attente devant un distributeur de billets un samedi après-midi à Hambourg. Et le tour serait joué : dans la foulée, la bourse s’effondrerait et on commencerait à négocier un plan d’aide à l’Allemagne.

Je vois déjà le FMI réclamer la baisse des retraites. Je ne sais pas pourquoi, mais les retraités, ils ne peuvent pas les encadrer au FMI. Eux et les fonctionnaires. Tous des planqués !

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