Alors, le #tatort d’hier soir ?

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1 décembre 2014 par S. Martineau

"Extra, Extra!" (Image CC BY-ND 2.0  gfpeck / flickr)

« Extra, Extra! » (Image CC BY-ND 2.0 gfpeck / flickr)

L’épisode de Tatort diffusé hier, « Die Feigheit des Löwen » (La lâcheté du lion), a rassemblé un peu plus de 9 millions de téléspectateurs. Un peu faible pour un Tatort, mais il faut dire que RTL diffusait en face la première partie de « Bilbo le Hobbit », un Bilbo qui n’a pas fait le poids, pas même dans la tranche d’âge des 14-49 ans.

Comme souvent, l’épisode tentait d’aborder un sujet brûlant actuel : en l’occurrence, la guerre en Syrie. La fille germano-syrienne d’une victime de torture était parvenue à faire venir en Allemagne l’un des bourreaux de son père, qu’elle avait bien l’intention de supprimer.

Qui dit lundi matin, dit débriefing à grande échelle du Tatort de la veille. J’avais abordé ce phénomène récemment dans un reportage pour la Deutsche Welle. La série a acquis une telle dimension qu’elle est devenue quasiment comme le football : ne pas regarder Tatort, c’est risquer de ne pas pouvoir suivre les discussions des collègues. Et on ne peut même pas tricher en jetant juste de temps en temps un œil sur le classement de Bundesliga.

C’est comme ne pas connaître les citations de « La cité de la peur » ou les mésaventures des personnages de « Friends » ou de « How I met your mother ».

Et désormais, la discussion n’attend même plus le lundi, elle a lieu en temps réel, sur les médias sociaux, à commencer par Facebook et Twitter.

D’ailleurs, l’un des quotidiens locaux de Hambourg, la Hamburger Morgenpost (alias « MOPO ») publie ce matin un article consacré aux commentaires Twitter sur l’épisode d’hier. Un vrai travail de terrain…

La MOPO relève un intérêt certain pour le cocktail inventé par l’acteur principal, Wotan Wilke Möhring, pour son personnage : le « Billstedter Milch », à base de lait et de Korn, un alcool distillé à partir de céréales.

Le « jeune » commissaire – c’est seulement le 4e épisode tourné par ce duo – en rajoute ainsi une couche sur sa prédilection pour le lait (c’est moins ridicule que l’obsession pour l’espresso du Kommissar Dupin, Breton de pacotille…).

Et en profite pour dérider sa jeune collègue un peu bêcheuse (disons que le « Billstedter Milch » pourrait avoir sa place dans le « Playbook » de Barney Stinson).

Comme vous le voyez, le moindre détail peut faire l’objet d’une discussion. Un internaute note par exemple qu’une des photos affichées sur le mur permettant aux enquêteurs de faire le point sur leurs progrès est en fait celle du footballeur brésilien Carlos Mozer, tiré de l’album Panini du Mondial 86…

Débriefing perso : j’ai trouvé l’histoire un peu faible. J’ai regretté que les auteurs aient voulu faire du bourreau – un médecin syrien – un personnage aussi manichéen. Mais j’ai apprécié les acteurs et noté un bel effort sur les dialogues, notamment dans des scènes pas faciles avec un petit garçon.

En parlant des acteurs, même si les films allemands passent difficilement le Rhin (à moins de parler de la guerre froide ou des nazis) vous aurez peut-être vu Wotan Wilke Möhring dans « Soul Kitchen » de Fatih Akin. Et si un distributeur intelligent se décide à sortir « Who am I: kein System ist sicher », (bande-annonce avec sous-titres en anglais):  courez-y !

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6 réflexions sur “Alors, le #tatort d’hier soir ?

  1. […] ce n’est pas qu’une impression, ça fait effectivement longtemps que je ne vous ai pas causé de Tatort. J’avoue : ça fait aussi très longtemps que je […]

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  2. […] Wilke Möhring, dont je vous parlais là, était nominé également… pour un autre […]

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  3. Laurence B dit :

    C’est fou cet amour qu’ont les allemands pour cette série. Je me souviens en avoir vu un épisode ou deux, il y a des années, et j’avais trouvé ça chiant comme la pluie.

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    • MS dit :

      Ah mais le côté chiant fait partie du charme. Comme me disait un gars l’autre jour, la vie c’est pas toujours que des grands moments… Tatort tout pareil ! C’est pas du Nestor Burma, mais c’est quand même mieux que Navarro, la plupart du temps. Et puis faut comprendre les petites références culturelles régionales. C’est du boulot, faut pas croire.

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