Faut pas pousser Oma…

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26 novembre 2014 par S. Martineau

Image CC BY-SA 2.0 Stéfan / flickr

« Hold-up // Braquage de la poste » (image CC BY-SA 2.0 Stéfan / flickr)

Il n’y a rien qui m’énerve plus dans un polar que quand les auteurs s’affranchissent d’une certaine cohérence.

Exemple récent : juste avant la fin d’un épisode de Tatort, un chic type qui a déconné – c’est bien connu, avec un certain niveau de dérapage, le personnage doit y passer pour vraiment être pardonné – se prend une balle à 150 mètres alors qu’il était en plus caché derrière quelqu’un.

Alors d’accord, les gars, il restait que 3 minutes… vous saviez pas comment finir… mais au moins vous auriez pu rapprocher le tireur ou limiter les obstacles… Certes, c’est une fiction, mais faut pas pousser Oma…

J’aime qu’à l’intérieur d’une histoire fictive, les règles de l’univers que l’on s’est créé soient respectées. D’autant que les polars allemands jouent à font la carte « c’est comme dans la vraie vie ».

Enfin donc, dimanche soir, Tatort était à Stuttgart. L’un des deux commissaires était dans de sales draps pour avoir tué un braqueur de supermarché. Un avocat à lunettes, en guerre juridique contre les grandes entreprises et les administrations sans âme, reprochait au policier de n’avoir pas visé les jambes pour épargner la vie du dit braqueur (caché derrière son otage).

Titre de l’épisode : « Une question de conscience » (Eine Frage des Gewissens).

Problème : une témoin charge le flic.

Heureusement : on peut compter sur les scénaristes !

Premier couac : les deux commissaires de la Kripo (Kriminalpolizei) Stuttgart restent chargés de l’affaire du braquage.

Deuxième couac : le jeune collègue de celui qui est dans la mouise décide d’aller, seul, voir la témoin chez elle pour lui demander des explications. Parce que c’est pas gentil quand même. Il la trouve au sol, une balle à travers la poitrine. Trop tard. Personne ne le suspecte vraiment, mais il est quand même envoyé « en vacances ».

Troisième couac : le jeune commissaire fait un rêve très pratique qui lui permet de se souvenir qu’une des personnes présentes dans le supermarché au moment du braquage est aussi « amie » – sur un ersatz-de-Facebook – avec la témoin désormais peu causante. Grâce à ce rêve, on découvre qu’il y avait quatre personnes dans l’équipe de braqueurs, dont feu la témoin.

Quatrième couac : le flic « en vacances » accompagne quand même son collègue au squat où – coup de bol – se trouvent les deux derniers survivants du quatuor. Mieux : alors que le collègue était mis en joue, il arrive par derrière – sans être vu de qui que ce soit – et désarme l’agresseur !

Couac des couacs : la Kripo découvre un message laissé par l’ex-témoin sur le répondeur de sa co-braqueuse, où elle semble terrorisée par un homme qui était présent au début de l’épisode à l’audition du commissaire à la gâchette facile. Après avoir écarté en un tournemain les trois autres hommes présents (les deux flics et le type du parquet), la vérité s’impose : l’avocat à lunettes était bien le salaud qui avait violé la témoin dans un parc dix ans plus tôt ! Tadam !

Tout le monde est soulagé. Un violeur de moins dans la nature, deux flics lavés de tous soupçons et l’art du scénario qui se porte à merveille(s)…

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4 réflexions sur “Faut pas pousser Oma…

  1. Cha dit :

    Salut et merci pour un nouveau blog. Un francais sur le phenomene de television plus populare allemand, ca va etre interessant 🙂

    Moi je vois tous les Tatort, mais avec une semaine de décalage… Donc maintenant je reduis mes expections pour le suivant (que sera alors Stuttgart!). Le Tatort c est plus que le Krimi, parce qu evidemment cest aussi les personnages qui sont importants. J admis que ce nest pas tjr la meilleurs dramaturgie. Mais c est difficile aussi, parce que le Tatort doit tout faire: Il doit etre regional et donner du Heimatgefühl et à même temps on le veut etre capable de parler de « grands sujets » d importance mondiale…

    PS: Dis moi pourquoi tu as mis « violences policiers » comme « tag »… Ce Tatort ne parrait pas trop violent. Est ce que tu esperes etre trouver par google plus souvent?!?! 😉

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    • M.S. dit :

      Ah non, je t’ai déjà raconté tout l’épisode… Il va falloir que j’attende une semaine quand je voudrai écrire sur Tatort.
      Et quant à ton PS, c’est l’avocat à lunettes qui accuse le policier d’avoir abusé de la force. Mais bonne idée, je vais mettre ce tag à chaque fois !

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  2. Caroline dit :

    Moi je regardais Derrick quand j’étais enceinte…c’était magnifique pour la sieste. Mais Tatort j’aurai peut-être pas dormi avant la dixième minutes. En tous cas, ce que tu écrit ne donne pas envie. Sur d’une chose, je ne regarde pas un polar à la télé avec toi, Patrick et Enzo!

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